[Magazine] Polymère &co n°10 (juin-juillet-août 2015)

Au début du mois de mars j’hésitais à publier un article sur le P&co n°13 qui venait tout juste de sortir : est-ce que je dévoile le contenu alors que tout le monde ne l’a pas encore acheté ? Dans quelle mesure mon avis peut-il influencer les gens : est-ce que ça va les pousser à acheter le magazine ou est-ce que finalement ils vont renoncer après avoir lu mon article ? Bon je sais bien que le nombre de personnes qui suit mon blog tient sur, au mieux, deux mains et que tout ce que je dis ne va pas révolutionner le monde, mais quand même il me semblait que la réflexion avait sa place. Le choix des sujets des articles me paraît important ainsi que la manière de les traiter. C’est d’ailleurs pour ça que j’essaie d’en dévoiler le moins possible sur le contenu des magazines ou livres, juste un sommaire élargi, parfois un peu plus pour vous permettre de comprendre de quoi je parle sans avoir forcément le magazine sur les genoux.

Je ne suis toujours pas décidée mais je pense ne pas publier dans le mois de sortie (pour cette fois c’est trop tard de toute manière !) mais quand même avant la sortie du numéro suivant, pour que le numéro dont je parle soit toujours disponible dans les rayons presse. Du coup j’ai travaillé sur l’article concernant un numéro plus ancien et, une chose en entrainant une autre, je me retrouve trois mois plus tard à finir – enfin – de le rédiger. Voici donc mon avis sur le P&co n°10.

polymere-co-n10-couv

Pause-café (p. 6)

Dans ce numéro, une page est consacrée au site “Les pies bavardes“. C’est un blog sur la création de bijoux et l’auto-entreprenariat. Je le connais depuis quelques mois grâce à Laura. J’ai été étonnée de ne jamais être tombée dessus au fil de mes recherches ces derniers mois. Je n’en ai pas fait le tour complet mais ce que j’ai particulièrement apprécié est le fait que Mélanie Jung, l’éditrice du blog, possède une expérience de plusieurs années dans la création et la vente de bijoux. Ses avis et conseils sont donc très concrets et parlants. C’est un avantage par rapport à bon nombre de sites d’informations ou de coaching sur le sujet.

Les carnets de Lou (p. 7)

Cette fois-ci, Lou expose sa réflexion sur le fait de ne pas oser, d’avoir peur de se tromper. J’ai bien aimé. D’ailleurs je voudrais faire un commentaire parce que je suis une débutante en admiration devant les “grandes”, ces artistes qui nous éblouissent avec des créations sublimes ou nous scotchent avec des techniques secrètes. J’ai toujours peur de ne pas réussir à créer ce que j’imagine, de rater, de gaspiller ma pâte. J’ai lu un certain nombre d’interviews, ici dans P&co, sur Créapassions ou ailleurs, et comme le souligne justement Lou, le conseil de fin est souvent du style “Osez, trompez-vous et recommencez !”. Je pense que c’est plus facile à dire qu’à faire. Et que penser du “tout le monde a été débutant un jour” ou “même les grandes ont des ratés” ? Oui bien sûr, je veux bien le croire mais ce que je vois moi c’est seulement ce qu’elles veulent bien montrer et, la plupart du temps, ce ne sont que les réussites. Je pense que si je croisais sur internet un peu plus de photos d’échecs cela m’encouragerait mille fois plus que le conseil, un peu bateau, “vas-y, ose !”.

C’est dans cet esprit que je publie mes créations sur mon blog et sur Facebook. Je ne sais pas si je tiendrais ainsi dans le temps. Tout d’abord parce que ça prend un temps fou de raconter mes mésaventures, il faut aussi que je pense à prendre des photos dans des moments où le cœur et l’esprit sont chamboulés. Et ensuite parce que ça dévoile mes “secrets” de fabrication et ce ne sera peut-être pas malin si je souhaite faire des créations uniques et en vivre. Mais ceci est une autre histoire et je n’en suis pas encore là.

Lou évoque aussi Facebook et son baromètre “J’aime“. J’avoue ne pas m’en préoccuper vraiment. Ma page est récente, j’ai à peine une vingtaine d’abonnés et la plupart des J’aime viennent de ma famille et une poignée d’amis.

Les critiques, uniquement constructives évidemment, je les attends mais je n’ai que des compliments. C’est peut-être malvenu de dire ça, il ne faut pas croire, je suis heureuse de recevoir des compliments, mais sachant que je veux m’améliorer, si personne ne me dit rien, je suis obligée de me débrouiller seule et de me lamenter sur l’imperfection de mes créations sans savoir toujours comment y remédier. Attention, je n’ai nullement envie de lire à longueur de temps “tu devrais changer ça” ou “tu pourrais faire mieux”. Mais plutôt “oh c’est joli, j’aime bien. Que penses-tu d’essayer telle couleur ? Ça pourrait rendre mieux”. Des phrases qui me feraient sourire et auxquelles je pourrais répondre “merci, c’est une bonne idée”.

Je reviens sur la réflexion de Lou (parce que bon je digresse un peu) à propos du faible nombre de J’aime qui peut faire douter les créatrices sur la réussite d’une œuvre. Je pense qu’il faut toujours relativiser, et plutôt voir à quels genres de personnes (tranche d’âge, couleur préférée, etc.) cela a plu, si ce sont les mêmes que d’habitude, par exemple.

Je me suis récemment abonnée avec Ma Page à toute une flopée de créatrices en espérant les suivre ainsi qu’à 2-3 boutiques de loisirs créatifs. Si je passe tous les jours sur Facebook, j’arrive à suivre, je peux coller quelques J’aime. Si je saute deux jours seulement, ça y est j’ai trop de retard. L’inconvénient des boutiques c’est leur personnel dédié à l’animation sur le web : environ 5 publications par jour et voilà les créations noyées !

Alors je suppose que si plusieurs abonnés loupent ainsi votre publication, alors vous aurez moins de J’aime même si votre création est superbe. Certes ça ne fait pas tout mais une vision plus globale peut aider à relativiser. Peut-être que je suis complètement à côté de la plaque, les réseaux sociaux ne sont pas ma tasse de thé, je suis beaucoup plus souvent sur Facebook depuis que j’ai créé ma page alors j’ai peut-être une perception erronée des choses.

Test produit (p. 8-9)

Le béton créatif, je connaissais de nom mais n’en savais pas plus. J’imaginais vaguement que ce devait être un béton facile d’emploi, plus fin que le véritable béton, plus proche du ciment ou du plâtre, et qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une bétonnière !

La présentation du produit et de son utilisation est claire. J’ai apprécié la comparaison avec du mortier de travaux, on voit bien la différence. Par contre je me demande s’il y a un intérêt à le poncer comme cela a été testé. Si on utilise du béton je suppose que c’est avant tout pour son aspect un peu brut, peut-être aussi pour sa solidité. Mais s’il faut poncer, du plâtre (quitte à le colorer en gris) ne serait-il pas plus adapté et plus facile ? Je n’y connais pas grand chose ni en béton ni en plâtre alors peut-être que ma question peut paraître bête mais du coup j’aurais bien aimé une comparaison au plâtre dans cet article.

Cahier technique (p. 10-11)

Les pâtes métallisées ou à micas : un super sujet ! J’adore les pâtes métalliques ou nacrées pour leur aspect. Je n’en utilise pourtant pas souvent – pas encore – alors que je possède un joli assortiment. Je craque toujours lors de mes achats de pâtes.

Chaque marque a sa propre gamme mais P&co n’aborde pas ce point-là. Je trouve, comme la plupart des polyméristes, que la Premo Accents est la plus chargée en mica, c’est-à-dire qu’elle présente plus de contraste et que le rendu est plus marqué. Les micas sont de petites particules plates ayant une face brillante et des côtés (des arêtes) plus mates. A force d’étaler la pâte (au rouleau ou à la MAP), toujours dans le même sens (sens de la pâte), soit en la pliant soit en la coupant et superposant les morceaux, on aligne les particules, elles se retrouvent empilées. On aura une surface uniformément brillante et une tranche (cela se voit mieux coupée) plus foncée.

Avec la technique du mica shift (ou traces fantômes), la texture va déplacer les particules dans le sillon de son empreinte, imaginez des paillettes qui glissent dans un fossé, elles se retrouvent plutôt à la verticale et on voit leur tranche. Comme elles ne sont plus orientées pareil, le motif apparaît toujours même si on scalpe les reliefs. C’est le côté spectaculaire de cette technique : on obtient une surface bien lisse au toucher alors que nos yeux la voient en 3D, avec des reliefs.

Pour en revenir aux différentes couleurs, Fimo possède 7 métalliques et 4 perlés, ensuite il y a les Premo Accents avec 7 nacrés et 6 métalliques, 3 Sculpey III métalliques (il y a aussi 6 Sculpey III perlés mais je ne connais pas le rendu), et enfin les Cernit avec 18 Glamour et les très récentes Shiny (8) ! Pour les couleurs de métaux (or, argent, cuivre, bronze), le choix est large car il y a de grandes différences d’une gamme à l’autre.

Dans l’article est expliqué que l’on peut créer une pâte métallisée en mélangeant de la pâte blanche ou transparente avec une poudre irisée. La Pearl-Ex contient des micas mais est-ce le cas de toutes les poudres irisées ? Car pour obtenir le contraste, la forme des particules est très importante. Cela vaut pour le mica shift, après si c’est juste pour avoir l’aspect métallique, nacré, uniforme, peu importe la poudre utilisée.

Comme d’habitude avec les mélanges, on peut obtenir plein de couleurs uniques :

  • mélange des marques (Cernit + Fimo ; Cernit + Sculpey ; Fimo + Sculpey…)
  • pâte blanche/transparente + poudre(s)
  • pâte de couleur + pâte nacrée
  • pâte nacrée + poudre
  • etc.

Le contraste des pâtes de mica n’est pas toujours bien visible à cru. Parfois vous croirez votre mica shift raté et pourtant après cuisson et un léger ponçage, le motif apparaîtra clairement. J’ai remarqué ça pour les pâtes claires, surtout le blanc, qui semblent uniformes à cru. Il vaut mieux débuter avec des pâtes très colorées. La Premo Accent bleu paon (n°5038), par exemple, a une surface bleue et une tranche plutôt verte.

Côté illustration, le collier en haut de la page 10 présente des dégradés roses, violets, verts magnifiques avec de jolies nuances. Je reconnais là un Mokume Gane mais un tutoriel m’aurait bien plu.

Sinon, le bijou en forme de goutte page 11 ne me plait pas dans son association de couleurs mais l’idée de découper la plaque supérieure pour laisser apparaître celle du dessous m’inspire !

Portrait : Caroline Cornic (p. 12-13)

Une découverte totale ! J’en suis certaine puisque Caroline a un style si particulier que je l’aurais reconnue si j’avais déjà vu ses œuvres. Comme tout ce qui est très particulier : on aime ou on n’aime pas. Je me situe plutôt dans la seconde catégorie. Je n’accroche pas mais je vois bien le travail de recherche sur les couleurs, l’originalité des formes stylisées des animaux et personnages. Il y a aussi un collier (p. 13), totalement, différent du reste. On croirait que chaque perle est une peinture. J’aime beaucoup les noires et blanches, la finesse des traits et surtout leur apparence un peu floue.

Reportage (p. 14-16)

Récit d’une journée consacrée à la récolte de fonds pour le “Relais pour la vie” (fondation contre le cancer). Le récit est plaisant à lire et je trouve intéressant de voir et de montrer que la pâte polymère n’est pas seulement un loisir ou une activité pro mais peut servir le milieu associatif et la solidarité. Seul bémol, je n’ai pas compris en quoi les ateliers participaient à l’action du jour. Que sont devenues les créations ? Ont-elles été offertes à l’association ou vendues à son bénéfice ? Je m’interroge aussi sur l’échange de tesselles et jetons mais ceci est une autre histoire, propre aux polyméristes participants à des ateliers semble-t-il.

Le coin lecture (p. 17)

Bijoux ethniques en pâte polymère, Karrine Barrera (alias Akak), 2015.
Un livre tout récent. Je trouve les créations de Karine très recherchées et soignées.

Porcelaine froide, Odile Bailloeul, 2010.
Une description du livre épatante : il faut absolument que je le feuillette (pour décider si j’agrandis ma bibliothèque).

Interview : Sonya Girodon (p. 18-23)

Je pense que Sonya fait rêver plus d’une polymériste, moi y compris, en parlant quatre langues. Comme elle le dit si bien, cela ouvre des portes et agrandit son horizon ! Son collier page 19 vaut le détour, le nœud de son imitation bois est particulièrement réaliste. D’ailleurs j’aime bien aussi l’effet céramique du collier page 18.

Sonya fait partie de celles qui ne dessinent pas avant de créer, elle se contente d’une esquisse et quelques mots quand elle a une idée ou bien de laisser aller son imagination sur le moment. C’est une interview plaisante à lire et très inspirante que ce soit sur la manière de travailler, de s’organiser ou pour les sources d’inspirations et les artistes.

Stages (p. 24-26)

Trois pages de stages ! Ça en fait ! Bon c’est passé me direz-vous, mais les illustrations font de bons modèles d’inspiration. Et puis je découvre les poupées de Claudine Roelens d’une incroyable délicatesse et très expressives.

Les tutos (p. 27-45)

Vaporeuses rayures par C.line. Un collier au montage assez simple avec de jolies perles plates faites de dégradés avec des pâtes micacées (c’est le collier en couverture du numéro). J’aime beaucoup la technique utilisée pour faire le dégradé en zigzag, les couleurs sont à la fois fondues et tranchées. Je garde l’idée !

Petit jeu de transparence par Gadouille. Une paire de boucles d’oreille vertes qui permet de travailler la pâte polymère et le fil de cuivre. J’apprécie l’argumentation expliquant le choix des marques de pâte et d’encre en fonction de leurs propriétés nécessaires pour ce projet. Un très joli résultat.

Collier zen par Christine Dumont. Un collier sobre dans les tons blanc-gris-noir et un motif bambou. Je trouve l’utilisation de la poudre à embosser avec un silk screen particulièrement intéressante.

Bracelet rigide articulé par La Perle Rouge. Un bracelet dans les tons noir-gris-blanc avec du vert et du violet qui fait travailler les cannes.

C’est du solide ! par Louanneblue. Un tutoriel pour faire un support à bougies en béton suite au test page 8.

Tuto graines d’artistes (p. 48-49)

Cette fois-ci c’est un tutoriel pour faire une tête de monstre en porcelaine froide. Bon je n’ai pas d’enfant alors je suis un peu frustrée de trouver un tel tuto dans le magazine alors qu’il pourrait y avoir quelque chose de beaucoup plus intéressant pour moi. Mais je m’interroge quand même : combien y a-t-il de personnes qui achètent P&co et qui mettent en pratique ces tutos pour enfants ?

Voilà, comme d’habitude il ne vous reste plus qu’à vous procurer le magazine si vous voulez en savoir plus et voir toutes les photos ! 🙂

J’ai fait l’impasse sur les illustrations cette fois-ci car le texte a été très très long à écrire, lire, relire et corriger… mais, parce qu’il y a un mais, j’ai quand même pris le temps de mettre les liens valides vers les pages Facebook ou les blogs de toutes les artistes citées, alors bonnes découvertes !

2 réflexions sur “[Magazine] Polymère &co n°10 (juin-juillet-août 2015)

  1. Ton article est vraiment hyper intéressant, j’adore !!!
    Je suis sur mon tel alors je ne peux pas vraiment rebondir à ce que tu as dit, mais je suis d’accord avec le tuto pour les enfants… et la traduction en anglais aussi, est-ce qu’il y a vraiment des gens qui s’en servent ?
    J’ai hâte de lire ton avis sur le prochain !
    Tu as fait des créations à partir de ce magazine déjà ?
    Bisous !

    1. Ton commentaire me fait très plaisir, je ne savais pas trop si ce genre d’article pouvait plaire et en plus je me suis lâchée sur l’écriture, il faut avoir le courage/temps d’aller jusqu’au bout ! ^^ Mais j’avais envie de partager toutes les pensées qui me traversent l’esprit quand je le feuillette toute seule. 🙂
      Je ne sais pas non plus si la traduction des tutos sert beaucoup. Si le magazine entier était traduit je pense qu’il serait très acheté parce que les magazines spéciaux polymère ne sont pas nombreux à mon avis, mais là en l’état…
      Et non je n’ai pas encore fait de créations à partir de P&co, c’est tout récent dans ma biblio, et puis j’ai teeeeellement d’autres trucs en attente ! x)

Laisser un commentaire