[Livre] Pâte polymère, l’art et la manière – Sue Heaser

J’avais repéré ce livre, “Pâte polymère, l’art et la manière” de Sue Heaser, il y a déjà quelques mois et le voilà enfin dans ma bibliothèque ! Ce que j’avais apprécié en le feuilletant, avant de l’ajouter à ma wishlist, c’était son passage en revue de toutes les techniques de base de la pâte polymère avec un encart à chaque fois pour donner des pistes d’idées d’applications. Voyez vous-mêmes le sommaire.

  • Introduction
  • La pâte polymère, autres fournitures, outils et matériel
  • Chapitre 1 : techniques de base
    • Préparer la pâte
    • Balles, colombins, plaques
    • Teintes et dégradés
    • Gabarits et emporte-pièces
    • Filer, découper, percer, graver
    • Coller et enchâsser
    • Poncer, polir, vernir
  • Chapitre 2 : les formes
    • Perles, cabochons, boutons, fleurs
    • Applications, effets textiles, lacets
    • Vannerie et tissage
    • Moulage
    • Pâtes de métal précieux
    • Boîtes, vases, coupes et pots
    • Cadres
    • Recouvrir des objets
  • Chapitre 3 : les décors de surface
    • Motifs millefiori
    • Effets moirés au mica
    • Estamper et texturer les poudres
    • Encres et peintures
    • Films et feuilles, transfert
    • Pâte liquide
  • Chapitre 4 : les imitations
    • Émaux et cloisonnés
    • Matériaux agrégés et stratifiés
    • Amalgames et inclusions
    • Mosaïque classique
    • Micromosaïque
  • Chapitre 5 : le modelage
    • Animaux et personnages
    • Âmes et armatures
    • Objets miniatures
  • Galerie, informations pratiques, index

Les textes

Les textes sont organisés en paragraphes courts qui facilitent la lecture tant le regard est attiré à gauche, à droite, par les illustrations. Les explications sont claires et les astuces particulièrement intéressantes. Je suis plus mitigée sur le vocabulaire employé : soit il est plus soutenu que ce que je peux lire sur les blogs, soit il y a un problème de traduction peut-être trop littérale et pas assez polymérique francophone.

Fort de son succès, l’ouvrage que j’ai dans les mains est la 3e réédition depuis 2008, du coup je suis un peu déçue de retrouver encore des fautes de frappe après tout ce temps (oui je suis maniaque de l’orthographe). Pour la blague, pour la technique de l’œuf recouvert de pâte polymère il est indiqué de le faire sécher d’abord au four à 13°C. Oui oui vous avez bien lu : 13°C. Alors sans compter que ça risque d’être très long à cette température, je crains qu’il n’y ait pas beaucoup de four qui permettent de descendre aussi bas. Haha !

Les illustrations

Les photographies sont impeccables et très nombreuses. Chaque paragraphe a sa ou ses illustrations que ce soit pour introduire une technique, imager un pas-à-pas, ou donner des idées à explorer. Cela donne un livre très coloré, aéré et agréable à feuilleter.

Les exemples sont plutôt simples et, une fois la technique comprise, on visualise bien comment les imiter. En revanche, la galerie à la fin qui présente des artistes du monde nous dévoile des créations extraordinaires qui nous font rêver mais nous amène aussi à nous demander comment ils ont pu partir de ces techniques de base, celles qu’on vient de découvrir, pour en arriver à de tels résultats !

Lectrices/lecteurs concerné(e)s

C’est un livre de base pour une bibliothèque sur la pâte polymère. Il est idéal pour les amateurs car il explique très bien toutes les techniques et les exemples sont très simples à reproduire. Mais je dirais qu’il est aussi à destination des polyméristes plus expérimenté(e)s qui se cantonnent à quelques techniques et qui voudraient sortir de leurs habitudes. C’est surtout un livre d’idées de techniques à exploiter, votre imagination doit faire le reste !

Vous pouvez retrouver des extraits sur le site de l’éditeur Eyrolles.

Pâte polymère, l'art et la manière, de Sue Heaser
Pâte polymère, l’art et la manière, de Sue Heaser

Le livre plus en détail

Premières pages

Dans chaque livre sur la pâte polymère, quelques pages, parfois nombreuses, sont consacrées au b.a.-ba de la pâte polymère. Quand c’est notre premier livre sur le sujet on lit tout attentivement, quand on en a déjà plusieurs ou qu’on lit énormément de blogs et forums, c’est nettement moins intéressant et on voudrait plus de projets à la place.

J’ai donc commencé comme il se doit avec l’introduction et déjà je suis surprise avec le premier paragraphe qui m’apprend l’origine du nom Fimo et plus largement sur l’histoire de la pâte polymère. Je suis enthousiaste pour la suite. Je voudrais d’ailleurs vous livrer une phrase qui m’a beaucoup plu, je cite : “Si la propriété intellectuelle des créations doit toujours être respectée, les savoir-faire sont en vérité affaire de partage et d’échanges.” (Sue Heaser, p. 7).

La présentation des types de pâte m’a laissée sur ma faim : il y a les pâtes de couleurs, les pâtes pour effets spéciaux (flexibles après cuisson, moulage, pâte à gomme, pâte légère), les pâtes pour poupées, les pâtes à sculpter, les pâtes pour armatures, les pâtes liquides, les pâtes de métal précieux, les amollisseurs. Mais aucun exemple de marques n’est donné (à part pour les liquides, les amollisseurs et les pâtes de métal). J’ai beau fureter beaucoup sur internet, les fiches des produits sont souvent limitées à deux lignes descriptives et nulle part je n’ai vu la mention “reste souple après la cuisson” par exemple.

Les matériaux que l’on peut combiner avec la pâte polymère sont innombrables et j’ai apprécié dans ces pages-là quelques informations utiles sur le moment opportun d’utiliser ces produits. Pour exemple : la peinture acrylique est préférable sur de la pâte cuite, la peinture à l’huile est plus appropriée pour colorer la pâte liquide. Concernant les vernis et les colles, il n’y a pas non plus de recommandations spécifiques de produits mais plutôt des indications pour bien choisir en fonction de ses besoins (colle vinylique, cyanoacrylate ou époxy ?).

Pour les autres fournitures, outils et matériels, les grandes catégories sont passées en revue sans être approfondies. La présentation est claire et bien illustrée, je trouve cela suffisant.

Chapitre 1 : techniques de base

Comme précédemment, si on ne débute pas, ce sont des pages moyennement intéressantes. Et pourtant, je lis dans la rubrique “stockage” que les restes de pâte ou les cannes peuvent être conservés dans du papier paraffiné ou sulfurisé. Mes yeux s’ouvrent tout rond ! Ben oui parce que j’ai lu et relu à mille endroits que le papier sulfurisé desséchait la pâte polymère avec le temps et qu’il fallait donc l’éviter pour le stockage. Du coup je me demande si le papier sulfurisé anglais est différent, s’il y a un problème de traduction ou si quelque chose m’échappe… Concernant le papier paraffiné, c’est bien la première fois que j’en entends parler.

J’ai apprécié l’encart sur la pâte qui se froisse au passage à la machine à pâte. Ça m’arrive souvent quand je veux faire des plaques fines et je pensais que je faisais quelque chose de travers (du genre pas assez conditionné la pâte) mais visiblement ce n’est pas de ma faute (en tout cas pas toujours !), c’est inhérent à la pâte.

J’ai trouvé très intéressant les deux pages consacrées à la cuisson, notamment concernant la technique-test qui permet de déterminer la température de cuisson idéale pour son four pour ainsi cuire correctement la pâte et lui donner sa véritable solidité.

Chapitres suivants

Je n’ai pas grand chose à ajouter concernant la suite. Chaque technique tient entre deux et quatre pages, avec un à quatre exemples de mise en œuvre. C’est simple et efficace. Je trouve les “idées à explorer” particulièrement bien choisies, elles ouvrent les possibilités et montrent bien qu’on n’est pas obligé de suivre les exemples à la lettre.

La galerie des artistes est impressionnante et je pense qu’elle aurait mérité une partie avec des exemples un peu moins incroyables pour qu’on puisse se projeter, car cela demeure un livre pour amateurs.

Enfin, les informations pratiques constituent une des pages fondamentales. Les différentes gammes les plus connues de pâte polymère sont passées en revue selon plusieurs critères : conditionnement (si elle s’émiette, consistance), solidité après cuisson, rendu des pâtes à mica, aptitude au lissage, etc. Et puis il y a aussi un index, ce qui est très pratique dans un tel ouvrage.

 

Voilà, difficile de donner mon opinion sans trop rentrer dans le détail de ces 200 pages ô combien intéressantes. Je pense bien le rouvrir encore quelques fois à l’occasion, pour trouver une idée lumineuse de technique à mettre en œuvre dans un projet précis. C’est un très beau livre que je recommande volontiers.

Et vous, quel est votre avis ?

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