[Création] Porte-photo pot de fleurs

J’avais acheté un lot de 10 mini pots en céramique percés pour la crémaillère de notre appartement. Mis à l’envers avec un bout de polystyrène à l’intérieur, ils ont servi de support à des piques en bois (d’une dizaine de cm) sur lesquels était plantée une cartonnette avec la description des bouchées apéritives. Maintenant je souhaite les réutiliser avec de la pâte polymère et j’ai choisi le thème des fleurs, peu original certes mais toujours plaisant.Tout d’abord j’ai mis un peu de pâte marron au fond pour boucher le trou puis j’ai comblé le pot avec du papier aluminium que j’ai modelé en boule dans la partie extérieur du pot. J’ai tapissé la partie supérieure du papier dans le pot avec de la pâte marron et j’ai recouvert la boule avec du vert. En vérité j’avais commencé à placer mes fleurs directement sur l’alu mais le brillant était assez voyant à travers les fleurs, je les ai donc enlevées pour mettre de la pâte sur la boule d’alu.

J’ai modelé mes fleurs une par une en deux teintes, une série rose foncé et une série violet, en faisant des petits ronds à l’emporte-pièce dans une plaque très fine de pâte. Le premier disque est roulé sur lui-même, les autres sont appliqués tout autour pour faire les pétales.

J’ai découpé à la lame des petites feuilles sur lesquelles j’ai juste dessiné la strie centrale avec une pointe. J’ai ajouté ces feuilles autour des fleurs, par une, deux ou trois, au fur et à mesure de la construction pour qu’elles ne se superposent pas trop et que ce soit harmonieux.

J’ai coupé droit tous les “culs” de fleurs pour qu’elles se placent bien sur ma boule. Et après un long travail minutieux, le rosier boule est là ! J’ai planté un bout de tige métallique avant la cuisson pour marquer le trou pour la future tige porte-photo.

Rosier boule en pâte polymère dans un pot miniature en céramique, roses violettes et roses
Rosier boule en pot (2015).

Encouragée par ma première création, je me suis lancée dans le projet ambitieux d’un plant d’arum. J’ai fait des filaments pour les tiges que j’ai légèrement courbés et posés à plat pour pré-cuisson. J’ai découpé à la lame des feuilles en forme de cœur allongé et je les ai texturées une par une entre deux empreintes de feuilles en polymère cuite (avec de la fécule de pomme de terre pour éviter que la pâte ne colle). Je leur ai donné une forme et mis à pré-cuire 10 min à 110°C à côté des tiges.

Jusque là aucun problème majeur. Je continue en sélectionnant 5 tiges sur lesquelles je place un peu de pâte jaune-orangé à une extrémité pour faire le cœur de la fleur et je le texture en faisant des petits trous avec une aiguille. Dans une plaque fine de pâte blanche, je découpe des gouttes à l’emporte-pièce dont j’étire le bout arrondi sur les côtés (ça fait presque un cœur) et je les enroule sur les tiges. Les fleurs sont prêtes.

Pour assembler les tiges avec les feuilles, c’est une autre paire de manches. J’utilise une petite plaque de pâte pour maintenir la tige sous la feuille et je lisse tant bien que mal avec mon outil biseauté caoutchouc. Il y a eu de la casse, des ratés, des décollages… Et les choses se sont compliquées quand j’ai voulu installer toutes mes tiges dans le pot.

Comme pour le précédent, j’ai mis un petit bout de pâte marron au fond pour boucher le trou. Ensuite j’ai rajouté une boulette de papier aluminium mais pas très épaisse, j’ai gardé un espace pour mettre une plaque épaisse de pâte marron dans laquelle j’ai planté mes tiges. Déjà inclinées, le poids les faisait se pencher encore plus, ou alors la tige tenait mais la feuille se décollait. J’ai comblé le pot de marron petit bout par petit bout pour coincer les tiges mais rien n’y faisait.

J’ai tout sorti et remplacé mon papier aluminium par du bicarbonate. Je pouvais donc planter mes tiges plus profondément, malheureusement, la plaque marron adhère à la poudre en surface mais rien ne la retient et à chaque fois que je touchais l’ensemble, ça se cassait la figure.

J’ai donc retiré le bicarbonate. J’ai tenté de mélanger de la fécule avec de l’eau mais ça a donné une boulette très solide et trop dure pour planter mes tiges. J’ai alors mélangé de la farine avec de l’eau, dans un esprit pâte à sel. Super, j’ai obtenu de la pâte bien collante et bien molle. J’ai rempli mon pot, j’ai mis ma plaque de marron qui s’est bien collée et j’ai commencé à redresser mes tiges. Toujours en rajoutant un peu de marron ci et là, mais avec délicatesse avec ça bouge facilement. Ça produit un effet château gonflable, vous savez quand vous marchez à un endroit ça s’enfonce et la masse d’air se déplace plus loin ? Et bien là c’était pareil.

Quelques heures plus tard (et quelques cheveux en moins), c’est fini, c’est parfait, ça me plait !

Je déplace mes deux œuvres en priant pour que l’arum tienne, j’enfourne. Je reste un peu devant, ça a l’air de tenir. Je m’éloigne puis revient 5 minutes plus tard, une tige a cassé et gît au pied du pot. Je craignais un peu que ça arrive…

Fin de cuisson : la moitié des tiges ont cassé et, phénomène extraordinaire, la pâte (farine + eau) a gonflé et soulevé l’ensemble de la pâte polymère. C’est un désastre. Après tant d’heures passées dessus, à m’être accrochée jusqu’au bout pour y arriver, c’est irrécupérable…

Pâte polymère, catastrophe avec l'arum en pot lors de la cuisson, tiges cassées
Catastrophe avec l’arum en pot (2015).

Le lendemain, un peu désespérée, je me renseigne sur la pâte à sel pour comprendre cette erreur. Alors mis à part le sel, il faut laisser reposer sa création 24h avant de la cuire. Effectivement, avec même pas 1h j’étais loin du compte.

Ne voulant pas rester sur cet échec (appelons un chat un chat), j’ai refait une tentative qui m’a pris presque autant d’heures.

Tout d’abord j’ai recouvert un fil d’acier épais et un fil très fin en alu avec de la pâte polymère en laissant un peu de métal à nu à chaque extrémité. J’ai découpé un carton de papier toilette pour obtenir une tuile dans laquelle j’ai planté mes deux tiges et hop direct au four. Verdict : les tiges ne se sont pas déformées ni cassées. La tige avec le fil très fin est légèrement malléable.

Je refais donc une série de tiges avec fil alu intégré, une série de feuilles, et je cuis comme la veille. J’assemble à froid mes tiges et mes feuilles, le bout de métal à nu permettant de faire une soudure par-dessus plus fine. Je remplis un pot avec un peu d’aluminium et une plaque marron par dessus. Je plante la partie métallique des tiges dans le pot. Ensuite je courbe un peu plus certaines tiges pour arranger : certaines le supportent, d’autres cassent. J’ai d’ailleurs cassé une feuille en la tenant trop fort entre mes doigts. Je redresse les tiges en ajoutant de la pâte marron petit bout par petit bout, en repassant une dizaine de fois partout.

Je trouve l’ensemble moins harmonieux que mon premier essai et je ne vois plus que les trois cassures discrètes qui gâchent tout. Je mets tout de même à cuire. Je reste devant le four pleine d’appréhension mais tout se passe bien, l’armature a fait son office.

Pâte polymère, tiges de feuilles et fleurs d'arum dans un pot miniature en céramique
Arum en pot (2015).

Voilà le résultat après trois couches de vernis brillant Fimo.

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