[Création] Pions pour le jeu de plateau Keyflower

Je vous présente enfin mes pions pour le jeu de plateau Keyflower ! Je les ai faits il y a plus d’un an mais, bien rangés dans leur boîte, j’ai un peu oublié d’en parler ici (surtout que mon blog n’existait pas encore à l’époque).

Tout d’abord, Keyflower est le nom d’un bateau, alors n’allez pas imaginer dieu seul sait quel univers avec des licornes ! Ça se joue avec des tuiles qui permettent de développer son village par le biais d’enchères et grâce à des ouvriers et des ressources.

Les pions sont en bois et de forme rudimentaire alors il a été très facile pour moi d’imaginer comment embellir le jeu : avec de la pâte polymère bien sûr ! Les pions font 1 cm de large pour 1 cm de haut.

Comparatif des pions du Keyflower avec mes pions
Comparatif des pions du Keyflower avec mes pions (Le jardin de Lys 2015)

J’ai commencé avec la pierre parce que c’était le plus facile. Je ne me souviens plus bien des proportions, mais ça devait être 2/4 ou 3/5 d’argent (Fimo n°81), 1/4 de noir (Fimo n°9) et 1/4 de translucide (Fimo n°014). La translucide ne ressort pas sur la photo mais de toute façon elle est assez discrète. J’en ai peut-être mis moins que la noire en fait. Comme cette pâte est blanche quand elle est crue, ce n’est pas facile de se rendre compte de ce que l’on va obtenir et je ne voulais pas que le blanc domine, j’essayais de faire des pierres qui rappellent le granit, donc avec des petits bouts de quartz translucide. Pour la forme c’est assez simple : une boule avec une face aplatie puis j’ai réalisé des facettes avec un outil à embout boule métallique.

Pions pierre pour Keyflower
Pions pierre pour Keyflower (Le jardin de Lys 2015)

Ensuite j’ai fait le bois. J’ai choisi de faire une pile de trois bûches pour trois raisons (coïncidence…) : premièrement, pour garder à peu près les proportions des pions d’origine, si j’avais fait un seul rondin de 1 cm par 1 cm ça aurait fait bizarre, mais un seul rondin tel qu’on le voit sur la photo aurait été trop petit. Ce qui nous amène à la deuxième raison, il faut que ça reste préhensible, si on galère à l’attraper sur la table on perd du temps. Et troisièmement, vous savez ce qui arrive quand vous posez plein de petits éléments roulants sur une table ? Oui on finit généralement à quatre pattes par terre pour les ramasser. Là en pile de trois, ils sont bien stables !

Pions bois pour Keyflower
Pions bois pour Keyflower (Le jardin de Lys 2015)

Dans la plupart des exemples que j’ai trouvé, les rondins étaient faits avec une canne spirale à la manière d’une bûche de Noël. Comme je voulais des rondins réalistes, j’ai préféré opter pour une canne cible qui représente mieux les cernes du bois. Pour les couleurs je ne sais plus du tout. L’écorce est très probablement en chocolat (Fimo n°75) et l’aubier peut-être en champagne (Fimo n°02) et caramel (Fimo n°7). A moins que je n’aie fait un mélange pour cette dernière couleur…

La confection de la canne est simple : un boudin marron clair au centre entouré par une plaque de beige, puis une plaque de marron clair, une de beige, une de marron clair, une épaisse de beige, et une épaisse de marron foncé pour finir. Je réduis la canne pour l’affiner au diamètre de mes rondins et je coupe 72 tronçons réguliers. Ensuite, un par un, j’arrondis les extrémités et je texture les rondins avec la pointe du scalpel pour tracer des lignes sur l’écorce puis je fais de minuscules traits sur le pourtour des extrémités. Qu’est-ce que c’était long ! Ensuite je les ai empilés avant de les cuire.

Après ça je me suis attaquée à l’or, que je pensais, naïvement, facile à faire. Alors oui à première vue ce sont juste des morceaux d’une seule couleur (or Fimo n°11, d’où les nuances cuivrées dues aux micas), mais allez faire des lingots de formes régulières à main levée ! Sur les exemples qui me plaisaient, toutes les ressources étaient faites en pâte polymère sauf les lingots d’or qui sortaient d’une imprimante 3D. Mais perfectionniste que je suis, je voulais que mes lingots soient aussi parfaits ! Autant dire que je n’y suis pas arrivée et que je me suis arrachée les cheveux à recommencer encore et encore ! Trouver la bonne épaisseur, faire les bons angles de découpe au scalpel (je n’avais pas de lames) et enfin tout déformer en voulant déplacer le lingot du centre de mon carreau de travail vers le bord. Même en passant un peu ma plaque au congélateur, ça se réchauffe trop vite sous mes doigts ! Je ne sais pas si j’ai eu l’idée de faire un moule, je ne connaissais pas encore toutes les méthodes et produits qui existent pour ça. De toute manière, je suis assez réticente à l’utilisation des moules, je suis attachée au côté totalement unique d’une création car même si on reprend les mêmes couleurs, les mêmes volumes de pâte, le même modèle, ça ne sera jamais strictement identique comme sortant d’une usine. Soit dit en passant, je ne critique pas du tout celles qui en utilisent. Moi-même si je devais faire des centaines de cupcakes, par exemple, je me laisserai certainement tenter. En faire dix c’est amusant, plus c’est trop rébarbatif ! Les pions ? Ha oui j’en ai eu marre !

Pions bois pour Keyflower
Pions or pour Keyflower (Le jardin de Lys 2015)

J’ai laissé tomber l’or pendant un certain temps et je me suis occupée du charbon. Des fois en permanence, je ne tiens pas compte du fait que je débute en pâte polymère et je me fixe des objectifs d’experte. C’était d’autant plus vrai il y a un an quand j’ai fait ce projet. Alors oui c’est vrai, j’aurais pu faire des petites boulettes noires, comme les pierres, pour symboliser le charbon, mais ça aurait été beaucoup trop simple.

J’ai créé un gris foncé par mélange d’argent (Fimo n°81) et de noir (Fimo n°9). J’ai découpé des pavés que j’ai façonné un à un pour obtenir une forme de trapèze et arrondir les bords. J’ai coupé la base pour quelle soit plate et j’ai lissé les arrêtes pour qu’elles ne soient pas tranchantes (au sens figuré hein, ce n’est pas si dangereux). Je les ai cuits comme ça pour éviter les déformations des manipulations suivantes.

Pour les roues, j’ai essayé de les modeler à la main : trop galère. J’ai donc retourné tout l’appartement pour trouver quelque chose qui ferait office d’emporte-pièce sachant que tous les bouchons de stylo que je trouvais étaient soit trop étroits soit trop larges (non je ne suis pas difficile mais exigeante). J’ai fini par jeter mon dévolu sur le support d’une bougie d’anniversaire. J’ai donc fait une plaque de noir que j’ai recouvert de film alimentaire pour découper mes petits ronds. Je les ai ensuite marqués avec l’embout croix d’un tournevis à douille. Enfin j’ai placé mes roues sur les caissons en en cassant plusieurs au passage parce que les côtés sont en biais (la base est plus petite que le haut), du coup si je mets les roues bien contre les parois, elles se retrouvent en biais aussi, comme si elles allaient se replier sous le caisson. Donc j’ai tordu un peu mes roues (c’est là que ça casse) tout en essayant que ça adhère au caisson, une vraie partie de plaisir ! J’ai refait cuire le caisson à l’envers, les roues en l’air.

J’ai découpé de la pâte noire en tous petits bouts informes que j’ai placé dans les chariots pour simuler le charbon. J’ai placé des languettes noires sur les caissons pour le cintrage métallique. Une horreur à faire ! C’est tellement petit et fin que ça casse facilement, et comme c’est de la Fimo cuite en-dessous ça ne tient pas bien (je n’avais pas utilisé de Fimo liquide il me semble). J’ai marqué l’emplacement des vis avec l’extrémité d’un cure-dent. Après une dernière cuisson, j’ai peint les vis sur le cerclage (je ne sais pas si ça se dit quand ce n’est pas un cercle) avec de la peinture acrylique argentée.

Pions charbon pour Keyflower
Pions charbon pour Keyflower (Le jardin de Lys 2015)

Pas du tout motivée à l’idée de recommencer les lingots, je ne pouvais pas non plus me résigner à ne pas les faire et à laisser laisser l’or dépareillé des autres ressources. A force de me creuser les méninges, j’ai fini par trouver une méthode qui a fonctionné. J’ai fait une plaque doré que j’ai découpé en rectangles de 1 cm par 0,5 cm, je crois… En tout cas, j’ai dessiné sur du papier sulfurisé, en mettant une feuille à petits carreaux en-dessous, des rectangles de ces dimensions avec un espace entre d’au moins un centimètre. J’ai placé les pavés sur les marques du papier sulfurisé retourné et j’ai mis au congélateur quelques minutes. Une fois refroidis, j’ai découpé le premier pavé à la bonne forme au scalpel en m’aidant du tracé sur la feuille pour connaître les limites. Puis j’ai fait le deuxième lingot, et ainsi de suite… De temps en temps il fallait remettre la plaque au congélateur parce que les découpes étaient moins aisées, ça se déformait plus. J’ai fait trois fournées de 48 lingots.

Ensuite (non ce n’est pas encore fini !), une fois cuits, je les ai retaillés au scalpel parce qu’il restait un petit liseré à la base dû à l’écrasement de la pâte sous la lame. 144 lingots plus tard, j’ai procédé au collage pour obtenir mes piles de trois pour à peu près les mêmes raisons que pour le bois (sauf que ça ne roule pas).

Découpe du lingot Keyflower
Découpe du lingot Keyflower (Le jardin de Lys 2015)

Et voilà les pions bien rangés dans la boîte aménagée par son propriétaire ! A la base, il n’y a pas de casiers, tout est rangé dans des sachets plastiques. Les inserts en carton plume ont été rajoutés dans la boîte d’origine.

Intérieur de la boîte du Keyflower avec inserts rajoutés
Intérieur de la boîte du Keyflower avec inserts rajoutés (Le jardin de Lys 2015)

Bon je pensais que ce serait un article court, beaucoup de photos et seulement deux trois phrases de commentaires mais finalement j’ai encore été bien bavarde !

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